BEN HARPER a un talent fou. Jeune homme à l'allure tranquille, son blues minimaliste est d'une richesse inouïe. Richesse des couleurs, des mélodies et des textes, on ne peut que tomber sous le charme de ce musicien complètement à part dans la production actuelle américaine qui nous parvient ici. Juste deux disques à son actif, un jeu de scène unique et magique et une réputation qui n'est plus à faire. A vingt-quatre ans, Ben est en passe de devenir une légende du blues. L'homme est d'une gentillesse infinie. Il ponctue ses phrases d'un « You know Man » pour être sûr d'avoir été compris. Venant de l'ouest des Etats-Unis, il pose sur l'Amérique un regard aiguisé, acerbe. Derrière la poésie de sa musique, les mots se font vindicatifs, dénoncent le racisme et l'injustice, prônent une autre Amérique. Ses racines, il les cherche du côté de Bob Marley, « un grand de ce monde que je respecte. Il avait la foi en l'homme au plus profond de son âme » et l'Afrique, qu'il ne connaît pas, mais qui le hante : « Ce continent est l'avenir de la planète. »
